Le droit à l’eau est un droit humain fondamental. L’eau est indispensable à la vie.

23 Juillet 2018
La Secrétaire générale de l’ISP, Rosa Pavanelli, a pris la parole lors du Forum politique de haut niveau de l’ONU dans le cadre de la première évaluation mondiale de l’ODD 6 relatif à l’eau et à l’assainissement afin d’expliquer que le processus des ODD devait cesser la promotion des PPP, qui ont échoué, au profit des partenariats public-public, qui prospèrent aux quatre coins du monde.

Le droit à l’eau est un droit humain fondamental. L’eau est indispensable à la vie.

Les services d’eau et d’assainissement constituent le fondement de nos sociétés et peuvent causer de graves problèmes sociaux et économiques lorsqu’ils sont mal gérés et insuffisamment financés. Pour offrir une vie décente à chaque personne, il convient de garantir l’accès à un approvisionnement en eau sûr et abordable.

La pression en faveur de la participation du secteur privé à la mise en œuvre de l’ODD 6 se heurte à la réalité objective, c’est-à-dire le fait que la privatisation des services liés à l’eau et à l’assainissement est néfaste, en particulier pour les communautés les plus vulnérables et les plus marginalisées dans le monde, et que les entreprises ont tendance à utiliser le pouvoir monopolistique pour générer des profits excessifs.

La situation dramatique vécue par les habitants de Flint, aux Etats-Unis, nous rappelle que ce fléau ne concerne pas uniquement les pays en développement.

En outre, les preuves attestent que les investisseurs privés ont largement délaissé les régions les plus défavorisées du monde au profit de marchés plus lucratifs qui nécessitent un capital moindre et génèrent davantage de profits. En 2018 à Jakarta, 20 ans après la privatisation, la Cour suprême d’Indonésie a annulé les contrats conclus avec des entreprises privées implantées dans la ville, car les citoyens n’avaient même plus accès à l’eau potable.

Pour éviter les pressions en faveur de la privatisation, il est nécessaire d'offrir des alternatives visant à améliorer la qualité des services, l’accès des usagers à ces services, ainsi que la gestion des performances des services de distribution existants. Cela implique souvent l’amélioration de la gouvernance et de la responsabilisation. Les cadres dirigeants et les employé(e)s des services publics de distribution doivent être sélectionné(e)s sur la base de leurs compétences, et non de leurs relations politiques. Le personnel doit être en mesure de constituer des syndicats et y adhérer, et de négocier les conditions de travail, l’accès à la formation continue et le parcours professionnel. La gouvernance des services publics de distribution doit également impliquer les dirigeant(e)s communautaires, les usagers et le grand public.

Malgré les efforts concertés déployés par les institutions financières internationales (IFI) pour encourager le secteur privé à s'impliquer dans les services d’eau et d’assainissement depuis les années 1990, plus de 90 pour cent des systèmes d’eau et d’assainissement à travers le monde sont gérés et financés par le secteur public.

Cette situation s’explique en grande partie par l’immense résistance publique contre le contrôle privé des systèmes d’eau et d’assainissement. Là où les services liés à l’eau et à l’assainissement ont été privatisés, la remunicipalisation ou le retour aux mains du secteur public sont devenus une tendance indéniable et impliquent souvent de nouvelles formes de participation des travailleurs/euses et des citoyen(ne)s. Lorsque la ville de Paris a repris le contrôle du secteur de l’eau en 2010, le service s’est considérablement amélioré. La ville a économisé 35 millions d’euros durant la première année et a réduit les taxes de 8 pour cent.

Tout en développant des solutions pour le financement et la mise en œuvre de l’ODD 6, les décideurs politiques doivent par conséquent reconnaître cette tendance de fond : les centaines d’expériences de remunicipalisation au cours des 15 dernières années apportent la preuve que le secteur privé échoue et que les services publics offrent de meilleures solutions.

Le processus des ODD doit mettre fin à la promotion des PPP, qui ont échoué, au profit des partenariats public-public, qui prospèrent aux quatre coins du monde. Compte tenu des références multiples à la « politique basée sur les preuves » dans le processus des ODD, personne ne peut ignorer les preuves émanant des communautés qui ont résolument rejeté la privatisation.

 

Interview RadioLabour (en anglais):Les syndicats disent à l'ONU non aux services de l'eau et de l'énergie privatisés

Rosa Pavanelli

At a conference about the UN's Sustainable Development Goals unions called for an end to the privatization of water services and green energy solutions. A report featuring the General Secretary of Public Services International, Rosa Pavanelli.

Duration: 5'35"
Posted: July 12, 2018

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