Les villes sont au service de leurs habitants. Il est urgent de placer les gens au premier plan de l’agenda urbain.

23 Juillet 2018
La Secrétaire générale de l’ISP, Rosa Pavanelli, a pris la parole lors du Forum politique de haut niveau de l’ONU dans le cadre de l’évaluation de l’ODD 11 intitulé « Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables » afin de promouvoir une gouvernance et des politiques publiques fortes en matière de logement et de protection des espaces publics et des biens communs contre la privatisation et l’embourgeoisement urbain.

Les travailleurs/euses font vivre les villes. Ni les responsables politiques ni les entreprises ne peuvent se passer d’eux/elles. Par conséquent, le travail décent pour tous est une condition préalable à l’intégration socioéconomique urbaine et au développement économique local. La révolution numérique doit être perçue comme un catalyseur de la répartition du temps de travail et des opportunités dans nos villes.

Les clauses de travail et environnementales dans les marchés publics ainsi que la transparence et la publication des contrats publics jouent un rôle essentiel dans la durabilité du développement urbain. Afin d'assurer les financements publics nécessaires, les villes doivent mener des actions coordonnées afin de combattre l’évasion fiscale, la fraude fiscale et la corruption. La protection des espaces publics et des biens communs contre la privatisation et l’embourgeoisement urbain exerce un impact direct et positif sur la démocratie et l’égalité.

La financiarisation du logement s’oppose diamétralement à l’idée selon laquelle le logement est un droit humain lié à la dignité, la sécurité et la capacité de la personne à s’élever au sein de la communauté. En outre, elle a joué un rôle majeur dans la crise financière de 2008. Il est indispensable de mettre en œuvre une gouvernance et des politiques publiques solides afin d’éviter ce scénario à l’avenir.

Les politiques publiques peuvent générer de la cohésion sociale ou, au contraire, des bouleversements. Il est essentiel de garantir un accès universel à l’éducation ainsi qu’à des services sociaux et de santé publics, abordables et sensibles à la dimension de genre, y compris pour les migrant(e)s et les réfugié(e)s, afin de promouvoir un développement économique et social durable, de lutter contre la xénophobie et le racisme croissants, et de réduire la pauvreté et les inégalités.
Seuls 65 pour cent de la population urbaine bénéficient d’une collecte des déchets municipaux et, dans de nombreuses régions en développement, moins de 50 % seulement des déchets solides sont éliminés en toute sécurité. Cette situation affecte la protection de la santé publique et de l’environnement. La gestion des déchets doit par conséquent être publique et transparente, mais également impliquer les usagers, les communautés et les travailleurs/euses afin d’assurer continuité et responsabilisation.

Les villes sont au service de leurs habitants. Il est urgent de placer les gens au premier plan de l’agenda urbain.

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