Influencer la politique des Nations Unies en matière d’emploi dans le secteur de la santé

25 Mars 2016
Photo: Co-chairs of the UN  High-Level Commission on Health Employment and Economic Growth - Copyright Laurent Cipriani
L’ISP s’est exprimée lors de la Commission de haut niveau sur les emplois dans le secteur de la santé et la croissance économique de l’ONU ce 23 mars à Lyon, en France. D’après l’ISP, les dépenses publiques en matière de santé publique constituent à la fois une obligation pour les gouvernements de garantir un accès universel aux soins de santé et un investissement pour la croissance économique.

Nommée Commissaire de cette commission, Rosa Pavanelli, la Secrétaire générale de l’ISP, a déclaré que « les conséquences tragiques du manque d’investissement dans la santé publique en Afrique de l’Ouest – la région même qui a été frappée par Ebola – nous rappellent que c’est non seulement le niveau de dépense mais aussi la méthode de prestations, qui influent sur les performances en matière de santé. L’offre de services publics s’avère ainsi plus efficace et génère de meilleurs résultats sur le plan de la santé. »

Cette commission est coprésidée par le président français, François Hollande, et par le président sud-africain, Jacob Zuma, qui ont remercié l’ISP de sa contribution. La vice-présidence fut quant à elle assurée par des représentant(e)s de l’OIT, l’OMS et l’OCDE.

Daniel Bertossa, le Directeur politique de l’ISP, a affirmé devant la Commission qu’« il sera impossible d’atteindre les objectifs de l’ONU si l’investissement public n’est pas renforcé. Pour être en mesure de fournir des soins de santé à ceux/celles qui en ont besoin, nous devons pouvoir compter sur un plus grand nombre de travailleurs/euses de la santé, mieux formé(e)s et soutenu(e)s. Les investissements dans le secteur public pourraient grimper en flèche si la somme retenue dans les paradis fiscaux étrangers – estimée à 30 billions de dollars – était taxée, en vue d’être investie dans des systèmes universels de soins de santé publics. »

L’ISP a en outre rappelé à la Commission que les droits syndicaux des travailleurs/euses de la santé doivent être respectés, et que ces derniers doivent avoir l’opportunité de participer aux négociations collectives et au dialogue social. Un travail décent pour les travailleurs/euses de la santé implique un salaire de subsistance, une protection contre la violence au travail et les maladies transmissibles, un accès à une éducation et une formation continues, un temps de repos suffisant, ainsi que des horaires de travail raisonnables. L’ISP a également soulevé les questions complexes de la migration des travailleurs/euses de la santé et de la fuite des compétences dans les pays en développement.

L’ISP est convaincue qu’il s’agit ici de décisions politiques qui doivent être prises, afin de pouvoir réellement atteindre les Objectifs de développement durable, qui représentent une initiative louable.

La Commission entend principalement proposer des actions aux Etats membres, au regard des travailleurs/euses de la santé, qui contribueront à alimenter une croissance économique mondiale inclusive, ainsi qu’à générer des emplois décents et à garantir une bonne santé et le bien-être de tou(te)s à tout âge. Le rôle fondamental que jouent les femmes dans les soins de santé a en outre été mis en lumière lors de cette Commission, qui a également rappelé la nécessité de créer 40 millions nouveaux emplois dans le secteur de la santé d’ici 2030, afin de combler avant tout la pénurie de 18 millions de travailleurs/euses de la santé dans les pays en développement, prévue d’ici 2030 selon les projections de l’OMS.

Télécharger le fichier PDF de la contribution de l’ISP en anglais – en français – en espagnol

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