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Tous les chemins mènent à la couverture de santé universelle

18 Septembre 2017
Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus
Le Dr Tedros Adhanom, 9ème Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis sa création en 1948, a pris ses fonctions le 1er juillet 2017, promettant qu’une nouvelle ère s’ouvrait à l’organisation pour jouer son rôle essentiel : coordonner et guider la politique internationale de santé. Et la première priorité de cette nouvelle ère sera de veiller à ce que tous les chemins mènent à la couverture de santé universelle.

Le Dr Tedros a réaffirmé cet engagement de l’OMS en faveur de la recherche incessante de la santé pour tous dans le journal médical The Lancet Global Health à peine deux semaines après son entrée en fonction. Rappelant que l’accès universel à la santé est un droit humain fondamental, il a déploré le fait que 400 millions de personnes n’aient toujours pas accès aux soins de santé essentiels et que 40% de la population mondiale vivent sans protection sociale.

Sans perdre de vue le caractère éthique de la question primordiale de la couverture de santé universelle, il a défini le problème avec justesse dans sa déclaration :

« Au final, la couverture de santé universelle est un choix politique. La responsabilité de l’appliquer appartient à chaque pays, à chaque gouvernement national ».

Il semble assez prévisible que pratiquement tous les dirigeants de tous les pays répondent « non » à des questions éthiques telles que : « Voulons-nous que nos concitoyens meurent parce qu’ils sont pauvres ? Ou que des millions de familles soient appauvries par les dépenses de santé faramineuses parce qu’elles n’ont pas de protection contre le risque financier ? »

Le consensus officiel consistant à déployer tous les efforts nécessaires pour parvenir à une couverture de santé universelle, comme le prévoit l’Objectif de développement durable 3.8, doit toutefois aller de pair avec un soutien sans équivoque à l’égard des prestations publiques de santé. Dans cette perspective, il faut battre en brèche le consensus néolibéral qui donne la priorité au profit en promouvant des mécanismes comme les partenariats public-privé (PPP), les initiatives de financement privé, la sous-traitance des services de santé, les accords de libre-échange et les superprofits des grandes entreprises, en particulier dans le domaine des assurances et le secteur pharmaceutique.

Comme le souligne le Directeur général de l’OMS, « la couverture de santé universelle comprend non seulement les soins de santé mais aussi la promotion de la santé et la prévention, et une approche plus générale de la santé publique ». Dans un monde où un milliard de personnes vivent dans la pauvreté sans accès à l’eau potable, et où 2,6 milliards n’ont pas accès à l’assainissement, il s’agit également de prendre des mesures décisives pour agir sur les déterminants sociaux de la santé.

Les syndicats et le mouvement plus général de la société civile doivent lutter sans relâche pour garantir que les gouvernements participent pleinement aux multiples projets de l’OMS visant à atteindre une couverture de santé universelle. Nous devons nous mobiliser autour d’un programme attrayant qui place le peuple au-dessus du profit et envoyer le message clair qui affirme que « notre santé n’est pas à vendre ».

Le droit humain à la santé est un combat que nous pouvons gagner et que nous gagnerons, à condition de vaincre à la fois le paradigme néolibéral qui sert de modèle de développement, et la prédominance de ses motivations lucratives dans le secteur de la santé. Tel est le chemin qui mènera à un avenir meilleur, avec des soins de santé publics pour tous.

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