L’épidémie du virus Ebola doit être éradiquée MAINTENANT !

18 Mai 2017
Le 12 mai 2017, le monde entier a été bouleversé d’apprendre que la République démocratique du Congo était en proie à une nouvelle épidémie de la maladie à virus Ebola. Il s’agit de la huitième épidémie d’Ebola qui frappe ce pays d’Afrique centrale depuis 1976.

Des travailleurs/euses de la santé membres de la SOLSICO – un affilié de l’ISP – ont joué un rôle de premier plan dans la réponse à cette situation inquiétante. Depuis le 22 avril, trois personnes sont décédées des suites de la maladie, mais ce n’est que le 12 mai que le ministère de la Santé a officiellement annoncé la réapparition de la maladie. A cette date, neuf cas avaient été signalés, dont deux décès.

La maladie à virus Ebola a été pour la première fois identifiée il y a 31 ans, lorsque deux flambées simultanées ont éclaté dans la ville de Nzara (aujourd’hui au Soudan du Sud) et dans le village de Yambuku, situé sur les rives de la rivière Ebola, en République démocratique du Congo, connu à l’époque sous le nom du Zaïre. D’après l’Organisation mondiale de la santé, 24 épidémies de la maladie à virus Ebola se sont déclarées entre 1976 et 2013, avec 1 716 cas recensés, principalement en Afrique centrale.

L’épidémie qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016 a révélé au monde entier la terrible menace que représente Ebola. Les premiers cas d’Ebola ont été signalés en Guinée en décembre 2013. Le virus s’est ensuite propagé comme une traînée de poudre dans toute la région, essentiellement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Au total, 11 310 personnes sont décédées, sur 28 616 cas signalés.

Outre les trois pays les plus touchés, des décès ont été recensés au Mali, au Nigeria, au Sénégal, en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Cette urgence sanitaire internationale de taille a poussé l’Organisation mondiale de la santé à repenser sa stratégie d’intervention en situation de crise.

Elle a également révélé d’importantes lacunes en matière de préparation aux crises, en particulier dans les systèmes de santé fragiles. Cette situation tragique n’est pas le fruit du hasard : elle est le résultat de décennies de mesures néolibérales, telles que la privatisation, la libéralisation et la déréglementation des services, et de coupes budgétaires dans le secteur des services sociaux, notamment la santé.

L’ISP a défini une stratégie de réponse syndicale à la crise Ebola, qui promeut le renforcement des capacités des syndicats dans les pays africains exposés aux flambées d’Ebola, afin de leur permettre de participer au processus politique visant à mettre en place des services de santé publics plus solides et plus résistants.

En République démocratique du Congo, la SOLSICO a contribué à cette stratégie et nous a informés des actions immédiates qu’elle a entreprises : le syndicat a en effet appelé sans tarder le ministère de la Santé pour discuter des mesures nécessaires afin d’endiguer l’épidémie naissante. Ses membres ont en outre participé à une réunion technique organisée par le ministère le 15 mai, en vue de permettre aux parties prenantes de formuler de toute urgence une réponse à la crise.

L’épidémie actuelle pose un certain nombre de défis, dans la mesure où elle s’est déclarée dans la zone sanitaire du village de Likati, en plein milieu de la forêt tropicale du district d’Aketi. L’accessibilité représente donc un défi majeur : Likati est situé à des milliers de kilomètres de Kinshasa et à la périphérie de la province de Bas Ulele, qui compte environ un million d’habitant(e)s.

Cette zone est très difficile d’accès. Le transport d’équipements et de matériel d’intervention s’est par ailleurs révélé extrêmement fastidieux. En outre, Likati ne dispose pas d’un nombre suffisant de travailleurs/euses de la santé qualifié(e)s pour endiguer la flambée d’Ebola.

Il est grand temps que le monde entier unisse ses forces et mette un terme à cette épidémie. Nous ne pouvons pas nous permettre d’assister à une nouvelle crise d’une ampleur similaire à l’épidémie qui a sévi en Afrique de l’Ouest, alors qu’elle pourrait être évitée. Nous nous devons d’insister une fois de plus sur la nécessité de garantir un financement adéquat de la santé publique, notamment en investissant dans le personnel de santé, afin de reléguer le virus Ebola à l’histoire médico-sociale de l’humanité.

 

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