Le Rôle des syndicats des services publics dans la garantie d’un travail décent pour les personnes handicapées

27 Mars 2017
Cette conférence novatrice, organisée par l’ISP avec le soutien du BIT/ACTRAV et du BIT/GED, marque le commencement d’une nouvelle ère de collaboration. L’ISP en partenariat avec le BIT étudie la question des travailleurs handicapés en mettant l’accent sur le rôle du secteur public et des services publics.

Une réunion de l’ISP s’est tenue à Genève, Suisse, les 8 et 9 décembre 2016, avec le soutien de l’ACTRAV et du Service des questions de genre, de l’égalité et de la diversité (GED) de l’OIT. Celle-ci s’appuyait sur une enquête menée par l’ISP et l’OIT eu égard aux initiatives des affiliés de l’ISP dans le domaine de l’inclusion des personnes handicapées, et sur les travaux de l’OIT proposant un tour d’horizon mondial des actions syndicales sur l’inclusion des personnes handicapées.

Les affiliés de l’ISP issus de divers secteurs et des quatre coins du globe ont partagé leurs expériences, aux côtés de spécialistes des questions touchant au travail. À travers la conférence, il s’agissait de sensibiliser sur les questions du handicap, d’informer à propos des initiatives lancées à travers le monde et d’identifier la voie à suivre pour les affiliés de l’ISP, l’ISP elle-même et l’OIT. Cette conférence a marqué une nouvelle ouverture au niveau international : le partenariat entre une fédération syndicale mondiale et l’OIT, explorant la sphère du handicap, et plus particulièrement le rôle du secteur public et des services publics.

Ainsi que l’a souligné l’une des personnes de l’assemblée : ‘’nombreux sont les cas de discrimination à l’égard de personnes handicapées dans les services gouvernementaux du monde entier, et cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une évolution historique de la situation du handicap et des personnes handicapées.’’

Les participant(e)s ont présenté des exemples d’action syndicale sur le handicap émanant du monde entier, y compris des pays avancés, des pays à revenu faible et intermédiaire ainsi que de pays sortant d’une période de crise ou de conflit. Même dans les pays où le sujet s’annonçait difficile à introduire, ou dans ceux où les syndicats luttent pour pouvoir exister, il a été largement reconnu que le handicap devait désormais compter au nombre des préoccupations d’avenir.

Le travail sur la question du handicap constitue un partenariat « gagnant-gagnant » avec les partenaires sociaux et s’inscrit dans le cadre de l’action syndicale de lutte contre les inégalités et l’injustice et de protection des plus vulnérables. Le fait de comprendre ainsi le handicap au sens social a également montré qu’il importait de l’aborder selon une approche intersectorielle, en particulier dans sa relation avec le genre et le statut socio-économique.

Concernant l’ISP, ainsi que les priorités que l’organisation s’est fixée pour l’avenir, le handicap s’avère particulièrement pertinent en matière de privatisation et de coupes opérées dans les services publics. Par exemple, la privatisation des services gouvernementaux en Australie a exercé une incidence négative sur les personnes handicapées. Le recrutement dans le secteur public est soumis à une procédure et à des mesures antidiscriminatoires établies; dans les services privés, cette transparence est inexistante. La privatisation a constitué une menace tant dans la prestation de services spécifiques pour personnes handicapées que dans la prise en compte de mesures d’accessibilité/inclusion aux services.  Les services accessibles tel que le soutien aux enseignants ou la langue des signes ne sera peut-être pas fournis de la même manière.

Le manque de règlementation des services associé à une fragmentation grandissante, et le comportement peu scrupuleux de certains fournisseurs de services a eu des conséquences négatives sur les utilisateurs handicapés. En Australie, la législation et la politique du handicap ont également crée une discrimination structurelle. Une cour a trouvé le cas d’ateliers protégés, aux emplois peu rémunérés, qui sous payaient 10,000 personnes handicapées. Le nouveau Plan National d’Assurance Invalidité couplé à la privatisation des services, n’a, dans bien des cas, pas offert un plus grand choix, comme il prétendait le faire. Cette différenciation est particulièrement visible selon la classe sociale et le clivage ville/campagne.

La complexité et l’articulation du secteur public requièrent des approches distinctes, notamment en termes de mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre. L’éducation a été citée comme un exemple parfait étant donnée la pertinence de ce secteur en tant qu’employeur de personnes handicapées ainsi que son rôle essentiel dans la prestation de services et l’inclusion des enfants handicapés.

La conférence a clairement mis en lumière la pertinence du handicap eu égard à diverses dimensions concernant l’ISP et ses affiliés, dans leur rôle de syndicats et de représentants de la fonction publique :

  • La prise en compte de l’inclusion des personnes handicapées et du handicap au sein des syndicats et de leurs activités ;
  • L’emploi des personnes handicapées dans la fonction publique – important pour s’acquitter de ses responsabilités et faire fonction de modèle pour la société au sens large ;
  • La défense des services publics, en identifiant et en agissant sur les risques particuliers auxquels les personnes handicapées se heurtent dans les services publics ;
  • La promotion des services publics, en développant des services inclusifs, accessibles aux personnes handicapées.

Bien que l’ISP et ses affiliés agissent dans des contextes et des situations très disparates, la nécessité de mener une réflexion et d’approfondir l’action sur les personnes handicapées concerne néanmoins l’ensemble des syndicats. Maintenant que l’on comprend mieux la place du handicap au sein de l’ISP et de son programme d’action, des indications sont données quant aux questions à examiner plus en profondeur au cours des années à venir et dans le cadre d’une plus large collaboration entre l’ISP et l’OIT.

Ecoutez quelques une des interventions de Phyllis Opoku-Gymiah, (PCS, UK):

 

 

Et Lauro Purcil, (PSLINK, Philippines):

 

 

Photos de la réunion :

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